Le promoteu immobiliste
Le chef de file de l’écartèlement urbain
L’étalon du béton
Le visionnaire bitumineux
Fonçant vers l’avenir les oeillères en pleine face
Jouissant de l’excellence de sa déchéance morale
Con pétitif faute de compassion
Innovateur en destruction
King du Dolorama des ambitions.
Le banquier, le financier et autres chiffriers
Héros des zéros
Adorateurs de la virgule qui les précède
Mythomanes vindicatifs
Prêtres d’une religion sans issue
Massacreurs de sacré
Armuriers d’oligarques
Producteurs de démunis
Fossoyeurs de sens commun.
Toubibs à l’argent, docteurs incorporés
Vampires de budgets exorbités
Spécialistes d’avidité banalisée
Petite noblesse subventionnée
Privilégiée au carré, protégée au cube
Moins on en a, plus ils valent cher
Rien de trop beau pour nos bobos!
Industriels de tout acabit
Sachant choisir leurs amis
Actionnaires millionnaires à l’appui
Ne vivant que pour le profit, fuck la vie
Courailleux de dividendes
Téteux d’élus, d’élus téteux
L’assoiffé de pouvoir ne dort jamais
Et tous les coups sont permis.
L’arbre de l’emploi
Pour cacher la forêt du profit
L’Autre pointé du doigt
Pour couvrir une disgracieuse avidité
La langue brandie pour changer de sujet
Les guidounes de parlements
Se congratulent de la puissance de leurs maîtres lestés
Et font de leurs voeux leur priorité.
Le commun des mortels, lui
Exangue de justice et d’éducation
Gavé de paternalisme primaire
Bombardé de désirs toxiques,
Apeuré par le miroir déformant
Que les larbins de son maître lui tend,
Travaille ardemment à sa propre disparition
Avec leur enthousiaste bénédiction.
Reste la nature,
Rest in peace mais toujours prête à renaître
Bar ouvert jusqu’à épuisement des stocks
Mère torturée par son avorton
Le plus riche étant souvent le plus con
Mais pour lui, ce qui compte
C’est que la pub lui donne raison
Ce qu’elle fait avec dévotion.
Tant que l’appât du gain
Sera la source du progrès
Le péril nous menacera.
Égoïsme, individualisme, mots-clés de notre époque
Nous donneront le seul avenir qui leur sera utile
Et si on ne trouve rien de mieux
D’une lame affûtée nous danserons sur le fil.
Luc Normandin, 2022